juin 2011 23

Ce matin, le net chinois est presque vide de tout commentaire sur la libération d’Ai Weiwei. Seule la dépêche officielle, lapidaire, est disponible. « Ai Weiwei a été relâché sous caution pour s’être bien conduit en confessant ses crimes, et à cause de la maladie chronique dont il souffre. » Comme toujours dans les cas « sensibles », le département de la propagande a assuré pour la libération d’Ai Weiwei un contrôle strict de l’information : aucun média chinois n’est autorisé à évoquer la nouvelle autrement qu’en recopiant la dépêche officielle. C’est donc la seule chose que la plupart des Chinois apprendront de l’affaire, d’autant que la toile a été scrupuleusement verrouillée, et que ce matin, il semble bien qu’aucun espace d’expression à l’intérieur de la grande muraille du web n’ait été négligé par les censeurs.

À l’étranger, où l’artiste jouit d’une popularité certaine, la nouvelle n’a laissé personne indifférent. Hier, lors du retour de Ai Weiwei à son studio de Caochangdi, près de Pékin, quelques médias étaient présents, rapidement rejoints par de nombreux autres. Il a cependant précisé que, selon les termes de son arrangement avec les autorités, il ne pourrait pas s’exprimer dans les médias, y compris sur Twitter, pendant « au moins un an ».

Lire l’intégralité de l’article sur Aujourd’hui la Chine

juin 2011 21

Nous avons rencontré le photographe Xu Yong dans l’immense espace de 798 lors du vernissage de l’exposition de sa troublante série de flous, lecture experte et subtile du réel employant l’abstraction picturale. Xu Yong en profite pour nous montrer son précédent travail, magnétique et incongru, fruit d’une collaboration avec l’ancienne call-girl Yu Na : « Solution Scheme ». Nue dans des bureaux d’entreprise, entourée de cols blancs chinois impassibles, figés, Yu Na contrôle chaque scène en déclenchant la prise de vue à distance : inversion des rapports du pouvoir dans des compositions pyramidales statiques. Tantôt grotesques, tantôt patriotiques, ces mini-performances sur la Chine ultra-libéraliste utilisent les codes des propagandes maoïstes pour dénoncer le mépris de l’autre, l’indivualisme, la solitude d’aujourd’hui. Yu Na se sert de son histoire pour nous livrer l’icône d’une nudité en talons aiguilles qui contraste avec l’univers froid et neutre de la réussite économique du pays.

mai 2011 30

À Hong Kong, l’art soutient Ai Weiwei.

La plus grande foire d’art contemporain d’Asie a ouvert ses portes à Hong Kong. Une foire considérée comme un porte d’entrée vers la Chine, mais qui a, cette année, un goût un peu particulier : le monde de l’art est en effervescence après l’arrestation du chinois Ai Weiwei.

Page 1 of 1612345»...Last »